Dans l’un des articles que nous avons fait paraître sur notre blogue, nous avons abordé la question de l’intimidation, du harcèlement et de la protection en vertu de la Loi sur les droits de la personne.
Laisse-moi te raconter une histoire vraie qui est arrivée à un élève de Vancouver, en Colombie-Britannique, qui a été victime d’agression verbale et physique; on a craché sur lui, mis le feu à sa chemise et même uriné sur sa tente au cours d’une expédition de camping organisée par l’école. Azmi Jubran a été harcelé pendant cinq ans par d’autres élèves de l’école secondaire Handsworth, qui se sont moqués de lui sans répit en le traitant d’« homo » ou de « tapette » et en scandant « Azmi est gai ». Jubran leur a dit qu’il n’était pas homosexuel. Ses harceleurs utilisaient ces mots pour l’insulter et le rabaisser – ils faisaient partie du « vocabulaire de l’école » et le mot « gai » qu’ils employaient était une façon pour eux de décrire quelqu’un ou quelque chose qu’ils n’aimaient pas.
Bien que l’école ait mené une enquête et imposé des mesures disciplinaires aux harceleurs, elle a été incapable de mettre fin au harcèlement. Jubran a fini par avoir des problèmes d’apprentissage, ce qui a nui à ces résultats scolaires. À un moment donné, il a même songé au suicide. Il a finalement décidé d’intenter une poursuite, et en 2005, la Cour d’appel de la Colombie-Britannique a statué que la commission scolaire avait manqué à son engagement de fournir un milieu d’apprentissage exempt de harcèlement. Cette décision allait à l’encontre de celle prise par la Cour suprême de la province, selon laquelle il n’y avait pas eu de violation des droits de Jubran en raison du harcèlement dont il avait été victime, parce que celui-ci n’était pas gai.
Si un cas semblable se produisait au Yukon, un élève de moins de 19 ans ne pourrait pas déposer une plainte de harcèlement fondé sur l’orientation sexuelle. Selon la Loi sur les droits de la personne, l’expression « orientation sexuelle » s’entend des hétérosexuels, des homosexuels et des bisexuels, et ne concerne que les adultes consentants qui se conforment à la Loi.
Malheureusement, l’homophobie existe dans notre collectivité. La preuve la plus visible – ou peut-être devrions-nous dire la plus audible – est l’usage de mots comme « gai » ou « tapette » pour décrire quelque chose de négatif. Pour de plus amples renseignements sur l’homophobie, visionner les vidéos produites par la Commission - 1, 2, 3 (Windows Media Player) 1, 2, 3 (Quicktime).
La Commission des droits de la personne du Yukon est d’avis que la définition actuelle de l’orientation sexuelle constitue une discrimination fondée sur l’âge. Il n’existe aucun autre endroit au Canada où l’on décrit l’orientation sexuelle de cette manière.
Qu’en penses-tu?
Crois-tu qu’il s’agit de discrimination fondée sur l’âge?
Est-ce que cela te préoccupe?
Nous voulons connaître ton opinion… Droits devant!!!

